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La lumière des autres

A la lumière de...


Distancier, c’est transformer la chose qu’on veut faire comprendre, sur laquelle on veut attirer l’attention, de chose banale, connue, immédiatement donnée, en une chose particulière, insolite, inattendue. Ce qui se comprend tout seul est d’une certaine manière rendu incompréhensible, mais à seule fin d’en permettre ensuite une meilleure compréhension. Pour passer d’une chose connue à la connaissance claire de cette chose, il faut la tirer hors de sa normalité et rompre avec l’habitude que nous avons de considérer qu’elle se passe de commentaires. Si banale, insignifiante, populaire soit-elle, on la marque du sceau de l’inhabituel.
Brecht, Nouvelle technique d’art dramatique, Écrits sur le théâtre, tome 1, p 345.

L’effet de distanciation. Pour être bref, il s’agit là d’une technique permettant de donner aux processus à représenter, qui mettent des hommes aux prises avec d’autres hommes, l’allure de faits insolites, de faits qui nécessitent une explication, qui ne vont pas de soi, qui ne sont pas tout simplement naturels. Le but de cet effet est de fournir au spectateur la possibilité d’exercer, en se plaçant du point de vue social, une critique féconde. (...) Cet effet consiste en ceci : les processus de la vie réelle sont reproduits sur scène de façon que leur causalité, précisément, soit particulièrement mise en lumière et occupe le spectateur.
Brecht, L’achat du cuivre, Écrits sur le théâtre, tome 1, p 528 et 621.

Le but de l’effet de distanciation, c’est d’extraire des processus représentés leur gestus social fondamental pour le faire paraître insolite. Nous entendons par gestus social l’expression par les gestes et les jeux de physionomie des rapports sociaux existant entre les hommes d’une époque donnée.
Brecht, Nouvelle technique d’art dramatique, Écrits sur le théâtre, tome 1, p335.

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B. Brecht

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